Proposition d'écriture numéro 13 : les couleurs... voici quelques textes d'auteurs

En ce matin du 18 avril 2015, les attouchements sur de nombreux mineurs perpétrés par un prêtre pédophile de l’église de St Georges village – Minnesota font la une du Washington post. Le père Aimé était pourtant bien connu pour ses penchants dérangeants par l’église catholique.

Shame is on people, not religion, se dit-il. L’album « back to black » résonnant dans toute la maison depuis 6h du matin.

Encore de jeunes âmes dorées perverties, privées de leur innocence…Préalablement anémiés de peines et de pensées abjectes, ces gosses auront désormais des molécules de haine et de négation dans leurs cellules, le hors contrôle remplira leurs veines et irriguera leurs cœurs, rougis, noircis à jamais, jusqu’au point de non-retour où ils contamineront leurs prochains.  Crossing lines.

Injuste ce fléau reproducteur pense-t-il, mais qui peut rester bon aujourd’hui ? Certainement pas lui, certainement pas ces gosses, certainly not those fucking children rapists.

Il fait grand soleil dehors, la lumière passe à travers les volets, imposant ses raies intrusives à l’obscurité intérieure. L’homme tente de se convaincre  que derrière ses persiennes il se sent à l’abri malgré l’intrusion de la clarté. Mais, sa maison fait office de passoir à son grand désespoir et anéantit ses illusions. Ce qu’il aime lui, c’est le doré, le caramel et la lumière blanchâtre du soleil qui s’infiltre et s’insinue dans son intimité le fait souffrir. Il se sent sale, intoxiqué, pollué par le monde extérieur. 

Ce blanc éclatant frappant le mur de l’entrée lui rappelle tout de là-bas, tout de la blancheur dérangeante de la pièce dans laquelle ils l’avaient placé au tout début, white and white. Puis bien vite le rouge de la dernière pièce s’insinue dans son esprit, le rouge mercurochrome, la violine pour les coups, le carmin pour les blessures superficielles et le pourpre pour la chute : la couleur des sentiments.

Rouge, c’est un mot qui ne veut pourtant plus rien dire quand on le prononce plusieurs fois très vite. Il essaie depuis des années de s’en convaincre via multiples thérapies. Rouge, rouge, rouge, rouge, bouge ! Il ne peut s’empêcher de sentir rouge, de voir rouge, d’entendre rouge. Rien d’apaisant dans ces séances de dédiabolisation des mots, les psychologues l’entrainent à expliquer et comprendre ses angoisses alors que le mal finira toujours par sortir d’une manière non anticipée. Exemple flagrant : le prêtre de St Georges village, l’église dit lui avoir donné plusieurs avertissements et l’avoir éloigné au maximum des enfants. Pourtant le mal dit, le mal expliqué, le mal entendu, n’a pas cessé d’exister et de se répandre, le père Aimé a toujours trouvé de nouvelles victimes. Nous pouvons tenter de lutter en notre intérieur pense t’il, de parler de notre mal, mais si nous ne sommes pas contraints de manière définitive, notre bête sortira encore et encore faire une petite balade.

Pâlir, mentir puis rougir, pour éviter l’enfermement. Voilà tout, prétendre pour rester prédateur et non proie.

Comment cela pourrait-il bien fonctionner se demande-t-il? Rouge n’est pas un mot ou une couleur ni même une saveur. La vie tout entière a une teinte écarlate, écarlate, écarlate, écarlate, éclater ! Lui éclater sa petite tête à deux mains pour en finir? Mais, alors le rouge l’envelopperait toute entière, la ferait sombrer dans l’abîme où lui, se noierait. Pourtant, il ne pouvait la garder indéfiniment, il le savait bien.              

Descendre maintenant la voir ? Attendre son consentement ? Et si celui-ci ne venait jamais ? Si la posséder devenait un besoin aveuglant et non plus une simple envie. Se calmer, se calmer avant de tout ruiner.       Elle seule avait cette couleur d’âme dorée, cette aura mielleuse, cette saveur de Malt et l’odeur du mimosa. Perfection.                                                                                                  

Derrière ses persiennes, il se fait spectateur à travers ses jumelles du monde extérieur. Un enfant s’applique à la corde à sauter, il a l’air si concentré que ses veines ressortent, son visage est cramoisi par l’effort. Le spectacle est affligeant, révoltant. En pensant aux battements du cœur de ce gamin, une nausée le saisit. Il pose ses jumelles et respire profondément, lui-même porte des gants et une combinaison légère mais opaque afin de ne pas voir ses propres tuyaux bleutés pompant et repompant. Notre mécanisme est absolument dégoutant, notre corps est la demeure du chaos. Chacun se rend compte du propre dégout que lui inspire sa propre enveloppe et pourtant l’homme rêve d’immortalité. People are strange.

Il reprend son observation et concentre alors son regard sur un homme au téléphone, un quinquagénaire au regard coquin qui mord compulsivement sa lèvre inférieure, il imagine alors sa lèvre se déchiqueter, s’ouvrir en grand et il imagine le sang gicler, un frisson glacé le saisi. Ce demi centenaire, doit être une de ces crevures qui n’aiment pas leur femme. Le confort les retient , le confort les fait fuir également.

Une femme avance à grand pas vers l’enflure au regard de braise qui est toujours occupé à molester sa lèvre, la femme est perchée sur ses hauts talons aiguilles. Que ferait cette belle plante si elle trébuchait en s’emmêlant les pieds dans la corde à sauter du gamin tout près d’eux ? Sa cheville se briserait-elle net ou bien aurait-elle simplement une foulure? Que fait cette imprudente dans le square d’en face avec des échasses sur un terrain en friches? Autant s’amuser à jouer à la roulette russe ! Assez pour ce matin, il ne pouvait tolérer plus.

Il devait aller la regarder. Sa source de chaleur irradiait le sous-sol.

 She is like a gold button, elle a la couleur du miel, du soleil en elle, si seulement elle pouvait la fermer, fermer, fermer, ferme. Pire qu’un coq de bassecour quand elle se met à brailler, elle hurle à tue-tête et le rouge revient, le rouge l’emporte, le rouge la gâche et la rend immonde, inutile. Primaire, elle le met à vif. Pourtant, si elle lui jetait un peu de miel de temps en temps, ce ne serait pas trop demander ! Il pourrait rendre son séjour plus agréable en échange d’un peu de couleur. Mais non, chienne de vie toujours sanguine, dès qu’elle reprend ses esprits, elle crache ses insultes carmines, elle fusille d’un regard veineux. Elle sent bon si pourtant cette petite indomptable : she smells like poppies.  Endormie, elle paraît moins dangereuse, elle garde en elle son venin. Il sait qu’il ne doit plus tomber dans ses pièges de femme et ne doit plus se laisser adoucir comme hier quand il a retiré le bâillon pour lui être agréable. Né de sa ruse à elle et de sa faiblesse à lui ; un flot d’insultes rougeoyant à jaillit de sa gorge déployé et c’est à ce moment qu’il a commencé à perdre le contrôle. Hier, le miel s’est transformé en vin.

Angélique G.

Prologue

 

          Autrefois j'étais un guerrier au service de Sa Majesté le roi Hilias. Mais depuis quelques années, je menais une autre vie, sans violence, simple. J'avais fait mon temps et désirais fonder une famille. Mon roi me laissa partir avec une pointe de regret, car il était difficile d'accorder une confiance absolue en quiconque, et je ne l'avais jamais déçu. Néanmoins, il me permit de me retirer de son armée, et m'octroya une solde confortable pour m'installer, ainsi que des terres. Depuis lors, je vivais heureux avec ma femme Magda et notre fils Roland. Jusqu'au jour où mon roi vint à nouveau me trouver.

     L'hiver touchait alors à sa fin. Quand je vis sur la route, toute une colonne de cavaliers avec la bannière du roi Hilias flottant au vent, je sus que le calme et la paix étaient terminés. Une angoisse sourde m'oppressa. Je pouvais sentir le danger dans l'air. Les cavaliers envahirent alors ma cour, et le roi descendit de cheval, un sourire qui me sembla forcé aux lèvres. Je ne l'avais pas revu depuis un certain temps, et fus frappé par sa chevelure soudain blanchie, ainsi que les larges cernes sous ses yeux.

     Après m'avoir serré dans ses bras comme un frère, il émit le souhait de visiter ma propriété.  Je lui montrai donc les animaux de la ferme, les bâtiments, puis nous visitâmes mes cultures qui se trouvaient plus haut sur la colline. Seuls. Ce fut là qu'il se laissa aller à m'expliquer le réel but de sa visite. Je compris alors que mon intuition était juste. Un danger nous menaçait.

     Mais contrairement à ce que j'avais soupçonné de prime abord, il n'était pas question d'une guerre qui couvait. C'était bien pire que cela. Un mal ancien était sur le point d'être lâché sur le monde, détruisant tout sur son passage. Une seule personne, selon le roi, était capable d'empêcher cela de se produire. Et il attendait de moi que je la retrouve, et que je la protège.

     J'allais devoir me rendre en un lieu où je m'étais juré de ne plus jamais aller. Cette étendue jaune, ardente, dont la couleur et le climat me rappelaient la saison que j'aimais le moins. Je haïssais cet endroit. Ce désert brûlant sans fin, où celui qui s'y risquait ne revenait pas, et ceux qui en revenaient avaient laissé leur raison derrière eux. J'avais failli perdre les deux la dernière fois que j'avais été contraint de le traverser. Et je ne savais toujours pas par quel miracle j'en avais réchappé.

     Ce cauchemar avait néanmoins laissé des séquelles. A commencer par une aversion pour la couleur jaune. Là-bas, c'était tout ce qu'il y avait. Le soleil jaune et sa lumière aveuglante, sa chaleur écrasante. Et le sable jaune, avec ses dunes hautes qui n'en finissaient pas, son sable brûlant, où rien ne poussait, et où l'on finissait par croire que l'eau n'était qu'un mythe.

     J'avais pris le temps de réfléchir à cette mission, dont les détails ne m'avaient pas encore été révélés. Mais j'en savais assez pour prendre une décision. Magda et moi en avions parlé toute la nuit. J'avais toujours pensé que ma femme était la personne la plus merveilleuse qui soit, et je n'en revenais toujours pas de l'honneur qu'elle m'avait fait en m'épousant. Cette nuit-là, elle ne m'avait pas déçu.

     Si le royaume était en danger, et que le roi n'avait confiance en personne d'autre pour exécuter cette mission, je me devais de l'accepter. Il était hors de question de rester bien sagement à la ferme en espérant que le malheur ne nous frapperait pas. Selon elle, j'étais le mieux placé pour nous protéger.

     Je ne partageais pas vraiment sa foi en ma personne, mais je savais au fond de moi que je ne pouvais faire autrement qu'accepter cette mission. Ma famille était en danger. Mon royaume aussi. Et d'après ce que le roi Hilias avait laissé entendre, bien d'autres l'étaient également.

     Je n'avais alors aucune idée de ce qui m'attendait, ni de la nature même du mal qui s'apprêtait à renaître. Je craignais de ne pas être à la hauteur, d'avoir abandonné mon ancienne vie depuis trop longtemps. Pour être parfaitement honnête avec moi-même, j'avais peur d'être trop vieux pour une mission d'une telle importance. Et je ne possédais pas vraiment d'expérience de la magie. J'avais, bien sûr, vu des choses incroyables au cours de ma vie, rencontré des personnes capables de faire des choses que je croyais impossibles, mais je n'avais moi-même aucun talent magique, ni aucune connaissance particulière sur le sujet. Dans ces conditions, je doutais d'être le candidat idéal. Comment pourrais-je trouver cette femme et la protéger, seul ?

     Je ne m'étais pas gêné pour faire part au roi du fond de ma pensée. Il s'était contenté de balayer mes arguments et mes doutes d'un geste de la main, comme si ce n'était que des broutilles sans importance. Voyant mon regard, le roi finit par admettre du bout des lèvres, et à contrecœur, qu'il n'était pas assez stupide pour vouloir m'envoyer tout seul dans le désert. Il avait prévu de constituer une équipe dont je serais le chef. Il refusa tout net de me donner les noms des candidats. Il attendait d'abord que j'accepte sa proposition.

     Il ne s'agissait pas d'une mission ordinaire, là-dessus, le roi avait été très clair. Certains individus pratiquant une magie des plus noires, s'étaient mises en tête de réveiller ce mal ancien. Le roi ne savait pas qui ils étaient exactement, mais il craignait que son entourage, sa cour, son gouvernement, et jusqu'à son armée, ne soient infectés par cette menace.

     Je comprenais mieux à présent pourquoi il paraissait si vieux tout à coup, et son comportement étrange. Il m'avait paru nerveux, ne cessant de jeter des coups d'œil autour de lui. Il m'avait fait penser à un animal traqué. Visiblement, il ne croyait pas que je puisse faire parti de ce groupe occulte. Le fait que je menais une vie tranquille loin du château depuis des années devait le rassurer sur se sujet. Ce en quoi il ne se trompait pas. Mais qu'en serait-il des autres membres de l'équipe qu'il prévoyait de rassembler ? Pouvait-il être sûr de chacun d'eux ? Le pourrais-je moi-même ?

     Après une discussion avec Magda, et une nuit assez tourmentée, je pris donc la décision d'accepter. J'avais évité toute la nuit de penser au désert jaune avec son soleil destructeur, et au calvaire qui m'attendait là-bas. Je préférais reporter mes pensées sur le lieu mystérieux où je devais trouver la femme dont le roi m'avait parlé. D'après lui, elle se trouvait dans une tour aux pierres violettes. Je n'avais jamais entendu parler d'un tel édifice dans le désert, néanmoins, je ne mettais pas en doute sa parole.

     Alors que mon esprit errait en un demi-sommeil, je me fis la réflexion qu'il était curieux que je doive me rendre en un lieu honni, où régnait une couleur que je ne pouvais souffrir depuis lors, mais où se trouvait une tour de ma couleur favorite. Comme une touche d'espoir au centre de ce lieu qui n'était que danger.

 

     Aussi loin que je m'en souvenais, j'avais toujours aimé le violet. Cela me rappelait les fleurs préférées de ma mère, des iris mauves, ainsi que la couleur de sa plus belle robe. Peut-être était-ce là un signe que cette mission ne se passerait pas aussi mal que je le craignais. Je gardais cela en tête alors que je me rendais à mon rendez-vous clandestin avec le roi pour lui faire part de ma décision.

Anne C.

LES COULEURS DE LA VIE

 

En les personnalisant…

 

Elle se promenait sur ce chemin lumineux, si cher à son cœur. Elle imaginait ce qu’elle pourrait bien découvrir, tout au bout du sentier qu’elle foulait avec allégresse. Son cœur battait la chamade. Soudain, elle se surprit à rêver, à inventer ce que serait notre existence sans nous. Son esprit s’obscurcit. Elle se trouvait immédiatement plongée dans un état second, une angoisse évidente. A l’origine des origines, comment fûmes-nous parvenues jusqu’à vous, étions-nous simplement le fruit d’une hallucination ou d’une magique illusion ?

 

Je sais que je suis sa préférée. Je la connais depuis sa naissance, comme vous tous d’ailleurs. Nous sommes une multitude ici-bas et nous comblons chaque jour votre vie de millions de douceurs, comme une inconsciente évidence, tellement nous occupons vos esprits, discrètement, et pour vous procurer cette merveilleuse sensation d’euphorie. Elle, elle est assise. Elle rêve. Elle n’a pas d’idée. Son intellect est préoccupé par cette page vide qu’elle doit remplir de mots pour raconter une histoire, un sujet. Et puis soudain, cette angoisse naissante, ce vide d’inspiration. Alors, je viens à elle. Je m’immisce dans la méditation qu’elle intente pour mieux se concentrer. Je sais qu’elle m’affectionne plus particulièrement. De part son prénom, je me sens très profondément attachée à ses motivations, sa manière d’aimer. Je suis ses racines. Lorsqu’elle me voit, avec toutes mes nuances, je suscite en elle l’apaisement, le calme et la sérénité. Je suis son arbre enraciné, sa chaleur, ses valeurs. Elle aime tous mes aspects et il n’est pas rare qu’elle ait cette envie profonde de venir vers moi. J’influence sa vie, ses sentiments, sa façon d’être. Elle me porte souvent dans tous les dégradés qu’elle chine lorsqu’elle décide, par un bel après-midi, de renouveler sa garde robe. Moi, je ris de la voir progresser dans les rayons et de n’être attirée que par mon magnétisme, mes teintes et ma lumière. Quelquefois, elle hésite, elle fait mine de me bouder, elle tente d’autres aventures vestimentaires mais c’est un échec cuisant. Mes congénères ne quittent jamais son armoire et elle revient toujours vers moi avec soulagement. Elle m’enfile, cherche un miroir conciliant et se rassure aussitôt en voyant bien que je suis la seule à la mettre en valeur de part sa couleur de peau, ses préférences et la passion qui nous lie. Entre elle et moi, c’est un véritable ensorcellement, une puissante ferveur qui, peu à peu, au fil des ans et de sa progression nous a unies et ne pourra plus jamais nous séparer. Je sais qu’elle déteste celle du ciel et de l’océan. Elle-même ne connaît pas l’origine de cette aversion pour ma belle amie qui pourtant se marie si bien à toutes les autres. Je reste, par dessus tout, sa préférence.

Souvent, sans réellement s’en rendre compte, son esprit vogue et j’apparais alors pour lui rappeler que l’être humain ne peut vivre sans nous. Elle imagine toutes les significations que nous pouvons porter, toutes les valeurs que nous avons transmises, toutes les thérapies que nous vous procurons, simplement, en étant là, en projetant des quiétudes, de la folie, une joie inouïe dont nous ne connaissons pas vraiment l’origine. Mais qu’est-ce qui a fait que nous sommes apparues sur terre ? Peut-être sommes-nous l’élaboration et la pensée d’un sorcier génie qui aurait laissé échapper son talent aux quatre coins de notre belle planète ?

A ce moment du récit, elle s’envole vers un pays imaginaire. Elle part à la rencontre de ce personnage atypique qui aurait pu ressembler à un vieux monsieur isolé dans une forêt inconnue et magique. Il porterait une longue barbe blanche gisant au sol. Il aurait quelque ressemblance avec Merlin, pourquoi pas ? Et, puis, un matin, très tôt, il aurait inventé celle du soleil pour apporter de la lumière, de la vie. Ensuite, il aurait peut-être trouvé que les arbres en auraient bien besoin. Alors, il aurait œuvré pour imaginer celle de l’espérance. Il aurait souhaité qu’elle soit notre protectrice, notre nature. Chemin faisant, il aurait considéré que le ciel, bien trop immense, nécessitait celle de l’apaisement, de la sagesse, celle qui lorsqu’à la tombée de la nuit, disparaîtrait pour laisser place à une amie plus sombre mais parsemée de multitude d’étoiles. Ensuite, il aurait croisé des fleurs à qui il aurait attribué une multitude de saveurs, des milliers d’artifices pour le plus grand bonheur de tous. Enfermé dans un laboratoire enfoui sous terre, le savant fou aurait pu nous inventer en mélangeant d’improbables ingrédients. L’une d’entre nous aurait pu voir le jour dans la colère, dans l’amour passionnel et elle aurait été  celle du sang ou du feu. Et puis, l’ingénieux docteur aurait peut-être mélangé le soleil et ses flammes pour inventer celle de l’optimisme, de la créativité. Il aurait imaginé la rencontre du sang et du ciel pour voir fleurir celle de la méditation, du rêve et de la délicatesse. Moi, dans mon intense neutralité, il m’aurait obtenue avec un peu de joie, de chaleur et de paix . Bizarrement, celle du romantisme et de la féminité aurait comporté un subtil mélange de danger et d’ardeur.

De façon inattendue, nous serions ainsi apparues sur terre en une surprenante explosion, un feu d’artifice que le virtuose aurait provoqué presque malgré lui et se trouvant incapable d’arrêter le processus en cours. Et puis, dans un immense souffle de joie, nous aurions envahi la planète. Toutes nos poussières se seraient introduites dans votre œil, dans votre esprit pour vous montrer le monde sous son plus bel aspect ; votre monde…

Nous sommes marron, bleu, rouge, vert, orange ou encore jaune, rose, violet. Nous possédons une multitude de proches cousines, d’âmes sœur. L’artiste peintre nous affectionne, nous utilise et nous habille sous nos plus beaux aspects pour exposer sa vision du bonheur. L’étoffe, que l’on caresse, apaise notre esprit à la vue de tous ces si jolis mélanges. Dame nature, que nous respectons par dessus tout et au delà des temps ne cessera d’inspirer les âmes et les cœurs. Nous sommes vos préférences et vos rejets ; nous sommes les couleurs de votre vie.

Alors, pourquoi ne pas continuer à laisser rêver cette main qui écrit, cette pensée inventive qui pourrait nous laisser croire que le savant fou existe, quelque part, entre un monde obscur et puis soudain, coloré par de si belles tentatives qui auraient abouti à ce que nous sommes aujourd’hui…

 

 

Sylvie S.

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