Proposition d'écriture numéro 8 : rédigez une lettre au père Noël - voici le texte de quelques auteurs

Cher Père Noël,
Je suis consciente d'avoir dépassé l'âge de votre cible favorite, à savoir les moufflets du monde entier, mais en toute honnêteté, je ne trouve pas cela très juste. Après tout, ne sont-ce pas les adultes qui triment dur toute la journée, ou qui sombrent dans la dépression faute de travail, et qui sont complètement désabusés ? Ce sont eux qui ont véritablement besoin d'un peu de magie et de merveilleux dans leur vie, alors à votre place, je changerais de cible, vous verriez que se serait plus rentable. Il y a bien plus d'adultes que d'enfants sur Terre, me semble-t-il.
Vous pourriez alors, avec vos nouveaux bénéfices, vous trouver des apprentis (il faut savoir déléguer) et embaucher de nouveaux rennes pour eux, ainsi que de nouveaux elfes pour travailler dans votre usine. A mon avis, vous en auriez bien besoin. Et puis ainsi, vous pourriez passer plus de temps avec la Mère Noël. Non, mais franchement, faîtes attention. Une femme qui se sent délaissée, peut très bien aller voir ailleurs. Enfin, moi ce que j'en dis ...
Pour en revenir au cœur du sujet, j'ai bien réfléchi avant de vous soumettre ma liste de cadeaux. Je vous accorde qu'elle n'est pas banale. Ici, pas question de jouets ou d'autres choses affreusement classiques. En réalité, je ne vous demanderai qu'un seul cadeau, mais pas des moindres.
Je voudrais un cheval fée. Ou plutôt, un couple de chevaux-fées, puisque je prévois à long terme d'en faire un élevage. Ainsi je pourrais revendre ma voiture, vu que je n'en aurais plus l'utilité. Ce serait un moyen de locomotion plus économe et surtout plus écologique vous ne croyez pas ? Et si mon projet fonctionnait, ce serait la fin de l'ère automobile, et de la pollution qui va avec.
Pourquoi un cheval-fée me direz-vous ? Et bien parce que c'est une créature qui vole et qui peut supporter le poids d'un humain, tout simplement. J'avais pensé à un dragon, seulement il me semble être une bête énorme et pas commode à dresser, comme on peut le voir dans la série Le trône de fer. Je n'ai pas tellement envie qu'il se mette à bécqueter les gens de mon quartier.
Enfin voilà Père Noël, j'espère que vous n'aurez pas trop de difficultés à trouver ce que je veux, bien que je doute qu'il y en ait dans les usines chinoises (de nos jours, tout semble venir de là-bas). Je vous souhaite bon courage dans la distribution des cadeaux, et un très bon noël.
 
PS : Je crois qu'il existe une espèce maléfique de cheval fée, il va de soit que ce n'est pas celle que je veux.
Anne C.
Mon Cher Petit Papa Noël,
Lorsque j’étais enfant, je désirais des tas, des milliers de cadeaux. Chaque année, j’établissais, patiemment, sous les yeux attendris de mes parents, une lettre bourrée de fautes d’orthographe agrémentée de tas de dessins tous plus affreux les uns que les autres mais doués de talent d’artiste peintre aux dires de mon paternel qui manquait complètement d’objectivité envers sa progéniture chérie. Ah ! Et quelle lettre que celle-ci remplie d’espoir, de croyance, de bonheur et de cadeaux. Généralement, tu m’apportais à peu près ce que j’avais demandé même si quelquefois tu ne te montrais pas toujours à la hauteur de mes attentes.
Je préparais ton arrivée avec le sapin, le vrai, celui qu’on avait encore le droit d’aller chercher en forêt, celui qui sentait bon les épines, celui qui les perdait ensuite et qui faisait pester maman, accrochée à son balai et accomplissant des va-et-vient incessants devant l’imposante chose que l’on se devait de garder jusqu’en janvier pour l’arrivée sacrée des rois mages. Moi, je m’en fichais, une fois Noël passé, il m’importait d’avoir tous ces jolis joujous comme dans la chanson. Ah ! que les lendemains de Noël étaient fantastiques. Après un réveil difficile surtout pour mes parents qui avaient passé toute la nuit au montage de la dernière maison des Playmobils, je me levais, frais comme un gardon, avec une énergie indéfinissable qui allait certainement finir d’achever papa et maman, c’était sûr.
Nous finissions les restes de la veille : quelle merveille de « piter » tout au long de la journée des chocolats, des fruits déguisés, des mandarines, la pompe de Noël, disposés dans le grand panier sur la table de campagne. Toute la famille était réunie pour quelques jours et nous profitions de ces moments de partages tellement bienfaisants.
Et puis, j’ai grandi. A mon tour, j’ai eu des enfants. J’ai persisté dans l’idée éternelle de ton existence. Mes enfants y ont cru : « croix de bois, croix de fer… ». Dans notre famille, nous avons l’intime conviction que tu existes bien, c’est mon petit doigt qui me le dit chaque année. Il se penche vers mon oreille pour la gratter d’un peu trop près et là, il me dit : « grand couillon, bien sûr qu’il existe le père Noël, et dépêche-toi de faire ta lettre, sinon… ».
Mais aujourd’hui, j’ai 70 ans. Et mon petit doigt ne me dit plus rien car je suis sourd. J’ai beau le porter à mon oreille, je ne l’entends plus se confier à moi. Mais je sais que tu es là, que tu as déposé ton traineau au garage en révision pour une tournée mondiale phénoménale et exceptionnelle. Car cette année, tu vas en avoir du bouleau, mon vieux monsieur barbu !!!
Cette lettre ; elle est un peu spéciale. Elle a vieilli, elle a muri et la demande que je t’écris aujourd’hui, Père Noël, je voudrais que le monde entier la lise. De tout là-haut, dans le ciel, ne pourrais-tu pas l’accrocher aux nuages avec les punaises du bonheur, en douceur, sans déranger les anges, sans faire de bruit... Simplement, suspendre le temps, tout arrêter. Revoir ensemble ce qui ne tourne pas rond dans ce monde de « calus » !!!
Tu vois, Père Noël, cette année, je voudrais que tu m’apportes une baguette magique. Avec elle, Oh, mais j’accomplirais des miracles !!! J’aurais le pouvoir de remonter le temps, de changer les méchants en gentils. En passant dans la rue, d’un coup de baguette magique, moi, je ne tuerais personne, simplement, j’accrocherais des sourires sur tous les visages tristes que je croiserais. J’abolirais la misère et la violence. Pour les cons, ce serait peut-être plus dur mais avec de la poudre de perlimpinpin, ça irait. Pour les hommes politiques, ne pourrais-tu pas reprendre les rennes ou bien tripler ma commande de baguettes magiques…
Mais Père Noël, de la même façon que je suis sûr que tu existes pour avoir reçu tout au long de ma belle existence ces millions de cadeaux de vie, ne voudrais-tu pas que l’on essaye de le changer ce monde, bordel ? Ensemble, on imposerait l’Esperanto comme langue officielle mondiale. Et puis, n’aurais-tu pas le pouvoir du peintre qui, d’un coup de pinceau, d’un seul, mélangerait les couleurs sur la palette de l’Humanité pour changer les races en LA race humaine, unique et belle….
Sylvie S.
Lyon, le 20 décembre 2015
Cher Père Noël,
Je m’appelle Rémy, j’ai 9 ans et cette année je sais exactement ce que je veux pour noël : que tu prennes ta retraite comme papi Marc et que je devienne ton stagiaire cette année pour te remplacer l’année prochaine. Mamie dit que papi Marc est parti en congé final à 62 ans et je pense que tu en a au moins 100, donc c’est bon. En plus, ma sœur Aya dit que les stagiaires c’est bien parce que ça travaille double et que ça ne coute pas le quart de la moitié de ce que ça rapporte. Moi je n’ai pas très bien compris mais ma sœur, elle, est grande et elle a des super notes partout donc elle a surement raison. C’est elle qui corrige ma lettre parce que moi je fais plus de fautes qu’il n’y a de mots dans une phrase comme dit la maîtresse. C’est cette méchante sorcière de maîtresse qui m’a donné envie de devenir « Fils Noël » en fait.
Ce monstre moche a écrit dans mon carnet : « Marc devra s’orienter vers un métier manuel s’il continue sur cette voie car il ne montre aucun intérêt pour l’école ». Moi je lui ai répondu dans mon carnet, sans le montrer aux parents, que dans mon cartable, il y avait plein de manuels justement et qu’il fallait vraiment aimer l’école pour les porter chaque jour vu le poids que ça pèse. Le soir même, papa, maman et moi, avons été invités pour une petite discussion. J’ai juste réexpliqué que pour être manuel, il fallait donc vachement aimer l’école car on en avait plein le dos tous les jours. Elle a dit aux parents que j’étais insolent et sournois en faisant les gros yeux et moi je n’ai pas du tout compris pourquoi. En fait, je ne veux juste pas devenir facteur pour l’école plus tard! Vu qu’elle m’a puni et les parents aussi sans chercher à comprendre, j’aimerais venir travailler avec toi pour faire un métier que j’aime dès maintenant. Aya dit que je ne suis pas obligé de devenir facteur.
J’ai bien réfléchi, voici ce que je te propose si tu acceptes que je te remplace :
Moi, fils noël, les maîtresses offriront des bébés dragons dans les classes à chaque rentrée plutôt que des cochons d’inde car ils meurent tous les ans et que ça fait pleurer les filles. De plus, j’offrirai à mon frère de ne plus avoir besoin de lunettes car tout le monde l’appelle « la loupe » à l’école et maman a peur qu’il fasse une dépression. Maman aura pour cadeau une licorne car elle en a marre d’arriver au travail devant ses collègues avec une Twingo, elle dit que c’est “pas classe“. Papa, lui, a eu son cadeau déjà ; il voulait un dernier enfant et maman est grosse comme une montgolfière, avec mon frère Théo on s’approche d’elle tout le temps en soufflant très fort pour voir si elle va s’envoler, ça la rend dingo mais elle n’arrive plus à courir après nous alors on en profite.
C’est mamie Ginette qui va me manquer le plus quand je serai ton stagiaire, mamie Ginette c’est la plus cool et elle raconte des super histoires. Quand elle était petite, elle était très pauvre et n’avait jamais de cadeau. Un jour, elle a toqué chez la voisine qui vivait seule dans son immense maison et qui d’après mamie ressemblait à une petite patate gentille et tout molle. La petite vieille l’a regardée longtemps, puis elle l’a invitée à entrer et à s’assoir à la table de la cuisine. Mamie crevait de faim et demanda des gâteaux et du lait. La petite patate lui donna à manger et à boire et alla chercher un jeu de Monopoly. Elle lui a expliqué qu’avec un billet jaune du jeu, elle pouvait acheter dans la cave un objet de son choix. Mamie reçu deux billets et alla choisir dans la caverne d’Ali Baba : une poupée et un petit bateau en bois pour son frère. Elle tendit fièrement à la dame ses deux billets pour payer. Mamie adorait la petite patate et venait, accompagnée d’autres pauvres enfants du village tous les samedis chez elle.
Moi, fils noël, je créerai donc pour tous les enfants pauvres dans les villages, une madame patate pour les recevoir les week-ends.
J’ai parlé à mon frère Théo de mon idée de te remplacer et il m’a dit qu’il fallait que je lui fasse des cadeaux beaucoup mieux à l’avenir. Lui, c’est vrai que l’année dernière, il a reçu : un caleçon trop grand pour lui, une nouvelle boite pour ses lunettes et un hamster. C’est vrai que je me suis dit que tu devais être trop vieux pour ce métier car il avait pas du tout demandé ça. Lui, il voulait devenir fort comme Hulk pour qu’Armelle devienne sa chérie à l’école car faut dire qu’elle aime bien les garçons forts et super grands alors Théo, avec ses binocles et ses petits bras, il a aucune chance pour l’instant.
J’ai pensé remplacer tes rennes par une moto volante, une grosse Harley comme papa. On pourrait avec la moto superpuissante, avoir un traineau gigantesque et déposer plus de cadeaux. De plus, papa qui est bûcheron dit que les gens ont de moins en moins de cheminées, donc on pourrait plutôt passer par le wifi car les gens ont tous internet, ce sera plus facile. Il faudra aussi que tu me trouves la même tenue que toi et peut-être qu’on pense à embaucher une assistante après ma formation professionnelle. Maman dit que sans assistante c’est affreux car on est obligé de travailler vraiment.
Je dois te laisser car c’est l’heure du goûter mais j’attends mon interview avec toi avec impatience pour t’expliquer toutes mes idées. A dans 4 jours père Noël.
Rémi, futur “fils noël“
Angélique G.

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